LI CHEVALIER

LI CHEVALIER

Le Figaro.fr- Sous l’œil inspiré de Li Chevalier

http://blog.lefigaro.fr/chine/culture/    

Le Figaro .fr        Arnaud de la Grange   

 le 28 mai 2010

 

Il en est des arts et des techniques, comme des lieux et des légendes. Ils sont parfois revisités avec une grâce qui leur donne une autre lumière, une seconde vie. « Contempler l'Orient sous le regard de Li Chevalier », comme l'a écrit Frédéric Mitterrand dans la préface du festival Croisements, procure immédiatement le sentiment que cette magie vient d'opérer.

 

 

« Li Chevalier a fait le choix de revisiter avec l'encre et le pinceau un art millénaire chinois souvent confiné à la tradition, écrit Alexandre Ziegler, avec l'œil éclairé que l'on connaît au Conseiller culturel de l'Ambassade de France à Pékin, le choix « de confronter une plastique orientale à une vision du monde faite de doute et de rédemption, d'humanisme et de solitude, qui puise aux sources de la philosophie ». « Différents de la tradition chinoise qui privilégie l'aspect calligraphique et gestuel, les travaux de Li Chevalier se nourrissent de la manipulation des matières dans la conception et la réalisation de l'espace, écrit Peng Feng, commissaire de l'exposition. A travers une combinaison de l'esprit et du langage de l'Occident et de l'Orient, Li Chevalier réinvente l'espace dans l'esprit bouddhiste du vide ».

Bien sûr, l'œuvre de Li (Shi Lan) ne porte pas toujours la jubilation et le bonheur brutal. Sa palette de couleurs, ses silhouettes graciles et estompées disent tant de fragilité et d'incertitudes. Et derrière la douceur et la délicatesse du trait, on perçoit une violence, une révolte contre un monde qui ne fait guère de place à l'idéal et au beau. Mais ce pessimisme n'exclut pas de fulgurantes espérances. Sa conviction extrême, d'artiste et de philosophe, que nul ne peut survivre sans beauté. Cette obsession du beau, que porte l'artiste au plus profond d'elle-même, donne à son œuvre toute son émotion esthétique. Et ma foi, est pour le coup d'une extrême fraîcheur, à l'aune de ce « nihilisme esthétique », trop souvent de bon ton dans l'art contemporain chinois, et que Li refuse. 

Trop souvent, cette habituelle production artistique contemporaine chinoise semble finalement assez uniformisée, pour répondre à ce qu'attend le monde, occidental notamment, persuadé que les séquelles de la Révolution culturelle et d'autres maux de l'Histoire ne peuvent accoucher que de créations grimaçantes et outrancières. Ces œuvres censées être porteuses de sens politique, commercialement provocatrices, sont en fait souvent très attendues. Il y a bien sûr des exceptions et des pépites. Et parfois, le genre a pu être porté au sublime. Mais la copie sans fin et en série ne semble parfois pas mériter mieux que les tee-shirts sur laquelle elle s'exhibe et que l'on vend aux portes de 798.

Comme l'écrit encore si bien Alexandre Ziegler, « Li Chevalier est française et chinoise, peintre et musicienne, artiste et philosophe, résignée et utopiste, classique et fondamentalement de son temps. Sa peinture est tout cela à la fois et c'est ce qui la rend universelle ». A cheval sur les cultures, sur deux pays, Li a aussi croisé les disciplines. Elle a aiguisé sa pensée à la Sorbonne, en y étudiant la philosophique après un passage à Sciences Po. Dévoreuse de livres et de partitions, elle s'est mise à peindre au fil de ses déambulations européennes, à Paris dans le Marais, à Florence pour s'initier aux techniques picturales de la tradition européenne, puis à Londres. Elle est ainsi diplômée du fameux Central Saint Martins College of Arts.

A voir donc, absolument, à Pékin ce week-end (jusqu'au 31 mai) au Today Art Museum.

 



Today Art Museum Exhibition Hall 1 /3 floor/
Opening hours: 10am-5pm
Address: No 32 Baiziwan Road, Chaoyang District, Beijing 100022

 

http://blog.lefigaro.fr/chine/culture/

 

 



11/01/2015
0 Poster un commentaire

A découvrir aussi


Inscrivez-vous au blog

Soyez prévenu par email des prochaines mises à jour

Rejoignez les 54 autres membres