LI CHEVALIER

LI CHEVALIER

Critique de Paolo De Grandis

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    ART DE CONNEXIONS ET D’INTERCONNEXIONS

 

 

J'ai toujours été fasciné par l'art oriental dans ses nombreux aspects, de l'art classique chinois et japonais à l'art contemporain, qui occupe aujourd'hui une position forte sur la scène internationale, jusqu’à l'art de la calligraphie auquel je trouve une expression sublime. Dès le début de ma carrière, j'ai voyagé avec la passion de connaître ces mondes lointains et le secret désir d'offrir de nouvelles opportunités aux artistes orientaux contemporains dans notre pays. Cette recherche entamée dans les années 80 à travers de multiples collaborations avec des artistes, des musées et des fondations asiatiques n'a jamais cessé. Elle a trouvé son aboutissement au MACRO - Musée d'Art Contemporain de Rome avec le projet < De la Biennale di Venezia & OPEN au MACRO, Perspectives Internationales>, organisé avec Claudio Crescentini. Ce projet est l’extension de <OPEN, exposition Internationale de Sculpture et Installations> que j'ai lancée avec Pierre Restany en 1996 avec le but précis de créer une exposition en plein air de sculptures et d'installations coïncidant avec la Mostra de Venise et la Biennale. Au fil des ans, OPEN s'est développé dans une vaste exploration de la sculpture, qui s’est intentionnellement étendue au domaine de l'installation.

 

En chemin, j'ai rencontré Li Chevalier, une artiste extraordinairement talentueuse dont les œuvres sont si uniques qu'il n'est pas possible de les classer ou de les étiqueter d’aucune façon. Elles doivent tout simplement être "exposées" et dans quel cadre plus approprié que le MACRO, où l'artiste franco-chinoise présente un projet spécifique à la grâce raffinée qui caractérise tant son travail. Li Chevalier poursuit une recherche plastique où l'esthétique est la valeur des choses et révèle la vérité du monde. Elle est marquée par l'élégance et le raffinement de la technique picturale et de la mise en scène dans ses installations.

 

Quand Li Chevalier quitte Pékin pour Paris, son art atteint une nouvelle dimension où la tradition chinoise se trouve nourrie par un contexte philosophico-esthétique occidental qui ne l'absorbe jamais complètement, mais qui l'influence, le rendant plus articulé. Son esthétique du vide se «remplit» d'éléments nouveaux, qui modifient, fécondent et nourrissent son œuvre

 

Un autre intérêt constant dans la vie de Li Chevalier est la musique qu'elle cultive en Chine depuis l'âge de 15 ans. Elle chante ensuite comme soprano au Chœur de l'Orchestre de Paris dirigé par Arthur Oldham et Semyon Bychkov . Elle a été accompagnée par les solistes de l’Opéra de Paris dans de nombreux évènements musicaux- visuels, dont en particulier une première à l’Opéra National de Chine, sous la direction de Philippe Jordan, où le violon solo Fréderic Laroque donna un impromptu devant son installation monumentale.

  

 Cette passion pour la musique donne à ses installations un singulier timbre expressif.

Ses mises en scène réinterprètent profondément l'espace, le régénèrent, et créent un paysage dynamique où l’on est immergé. Le spectateur se déplace dans un espace enveloppant où la lumière et l'ombre, l'eau ondulante, les brises de vent et les sons d'instruments à cordes effleurent à peine les précieuses et délicates œuvres d'art: les encres dignes de la plus belle technique classique, les paysages oniriques, s’allient pour révéler des signes, des histoires. Les violons finement peints sont en harmonie avec des voiles fluctuants des idéogrammes, le noir de l'encre appelle notre regard, enchantant et traçant < la trajectoire du désir>.

 

Ses toiles maintiennent la pureté de la tradition, émergeant des sables, des brumes et de l’horizon lointain des paysages. Les voiles de fine calligraphie évoquent le souffle spontané de la création  orientale alors que les violons et la musique envahissent l’espace générant une symphonie  poétique aux accents occidentaux. Dans cette rencontre entre l'est et l'ouest, s’épanouissent une expérience interculturelle, un art de connexions et d’interconnexions, d’éducation croisée et de découverte mutuelle, une expérience artistique unique. Son univers esthétique à la fois complexe et immédiat ne nécessite aucune analyse et nous capte sans médiation. L'art de Li Chevalier est suggestion : des contes d’amoureux, de voyageurs, d'enfants, de foi, de nostalgie, de choix. Elle dévoile les esquisses d’un pont, d’une femme, de cheveux longs, d’une croix, d’arbres, d’un cercle ... du Temps.

 



30/12/2016
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